De Louis XIII au camping, il raconte l’histoire de la ferme du Grand Bec à Saint-Hilaire-de-Riez

Anthony Charrier (à droite), avec sa mère Chantal et sa fille Tessa, a mené des recherches pendant deux ans et demi sur la ferme du Grand Bec, où il a grandi, à Saint-Hilaire-de-Riez..

 

Pendant plus de deux ans, Anthony Charrier a mené des recherches historiques sur la ferme du Grand Bec, la maison où il a grandi, à Saint-Hilaire-de-Riez. De Louis XIII à la discothèque Le Pili-Pili, la ferme a vécu 400 ans d’histoire et connu le passage de figures remarquables. Quel est le dénominateur commun entre la boite de nuit “Le Pili-Pili”  à Saint-Hilaire-de-Riez, le roi Louis XII, le général Charette et le gendre du corsaire Robert Surcouf ? C’est la ferme du Grand Bec, aujourd’hui une maison d’habitation qui a traversé 400 ans d’histoire dont 180 ans dans la famille Charrier.

 

Ces petites histoires dans la grande, Anthony Charrier, 45 ans, les raconte dans un texte d’une quarantaine de pages, publié sur le site de l’association histoire, culture et patrimoine du pays de Rié, après deux ans et demi de recherches. « Tout est parti du décès de mon père, Louis Charrier, en 2019. Dans ces moments-là, on range les lieux, on regarde les papiers. Il me manquait l’acte d’achat de la propriété en 1919, par mes arrière-grands-parents. J’avais envie d’avoir ce morceau d’histoire. »
 
Le Grand Bec, un point stratégique sur la côte
Anthony l’obtient aux archives de Vendée et se plonge dans l’histoire de la ferme. « Au départ, je ne suis pas un amateur d’histoire. C’était surtout mon père qui lisait beaucoup sur l’histoire locale et les guerres de Vendée. Mais je me suis mis à lire et j’ai réussi à embarquer ma mère, ma femme et ma fille, dans plusieurs lieux en lien avec mes recherches à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), au Sacré-Cœur de Montmartre et même jusqu’à Rome. »
S’il retient que le roi Louis XIII a foulé les terres du Grand Bec en 1622 lors de la bataille de l’île de Rié, un autre nom suscite l’intérêt d’Anthony : Surcouf. « Je me demandais ce qu’un corsaire de Saint-Malo venait faire en Vendée. » Sa fille, Marie-Pauline Surcourf, est en fait mariée à Achille Guibourg, qui fut propriétaire de la ferme du Grand Bec, de 1835 jusqu’à sa mort en 1892. « C’était un légitimiste qui s’est battu pour le retour d’un roi de la famille des Bourbon, sur le trône. Il a acquis la ferme du Grand Bec en raison de l’accès à l’océan stratégiquement placé : assez loin des garnisons de Saint-Gilles et Saint-Jean, caché par la corniche vendéenne, avec un plancher océanique suffisamment profond pour les bateaux et à seulement 12 milles nautiques de l’île d’Yeu. »
 
« J’avais envie de transmettre un enracinement »
D’ailleurs, en 1795, ce point stratégique avait été repéré par le général François-Athanase de Charette qui y a planifié le débarquement de provisions, lors des guerres de Vendée. « Le généralissime Charette s’est peut-être arrêté dans la grange qui, je suppose, existait déjà et que mon père a transformé en discothèque, 170 ans plus tard, s’amuse Anthony. Je ne m’attendais pas à trouver autant d’histoires. Ce qui est marrant, c’est que ce lieu anodin est lié, par trois fois, aux Bourbon avec la venue de Louis XIII, Charette qui se bat pour son roi et Achille Guibourg, le légitimiste. »
 
Étendue sur 57 hectares, la ferme du Grand Bec a été exploitée pendant des dizaines d’années par des métayers, devenus ensuite propriétaires du lieu. En 1955, son père reprend l’exploitation des terres et, à la faveur du développement du tourisme balnéaire, transforme petit à petit la ferme en camping, installe un restaurant, puis une discothèque dans la grange. Une partie est vendue au promoteur immobilier Guy Merlin, qui y fera construire des résidences de vacances. Dans les années 1980, Louis Charrier a dû se séparer du camping dont la surface est occupée par Atlantic toboggan mais il ouvre la boîte de nuit Le Pili-Pili, toujours propriété de la famille. Après tant de mois de recherches et un an à écrire, Anthony Charrier est heureux de mieux connaître son histoire familiale et de la transmettre à sa fille de 13 ans. « J’avais envie de lui transmettre un enracinement mais aussi certaines valeurs, à l’exemple de nos ancêtres métayers qui ont travaillé toute leur vie ou d’un Achille Guibourg qui s’est battu pour son idéal. »
 
« Histoire de la ferme du Grand Bec », un texte d’Anthony Charrier à retrouver sur le site internet de l’association Histoire, culture et patrimoine du Pays de Rié (contact@hcpderie.fr) et qui a été distribué aux copropriétaires des Becs.
 

source: Ouest France  Claire Giovaninetti  9 septembre 2025 

 
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