Deux historiens écrivent une petite histoire du quartier des Demoiselles, à cheval sur deux communes du littoral vendéen
Le quartier des Demoiselles se partage sur deux communes vendéennes : Saint-Jean-de-Monts et Saint-Hilaire-de-Riez. Son histoire étant assez atypique, Patrick Avrillas et Bernard Pouvreau lui ont dédié un ouvrage intitulé « La plage des Demoiselles ».
Sur cette partie du quartier des Demoiselles située dans la commune de Saint-Jean-de-Monts, en Vendée, on distingue l’avenue de la Plage, avec le grand bâtiment de la colonie de l’Arche (au fond à gauche).
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Le quartier des Demoiselles, entreSaint-Jean-de-Monts et Saint-Hilaire-de-Riez, tient son nom des " demoiselles Chaillou propriétaires des dunes ", précise Bernard Pouvreau, historien local auteur de l’ouvrage avec Patrick Avrillas. Sans descendance, elles ont légué ces terrains à leur cousin, Valentin Guérin. Par la suite, cet espace fut choisi par les Américains pour y installer un camp d’aviation en 1918, puis, " dès 1923-1925, les premières constructions apparaissent, se concentrant sur la partie Saint-Jean-de-Monts s’étalant de l’avenue des Pins jusqu’à l’avenue Valentin."
Ce quartier étant situé à quelques kilomètres des bourgs des deux communes, des commerçants voient une belle aubaine " et s’installent autour de la place centrale dont l’hôtel de l’Océan." Situé sur cette place des Demoiselles, le bâtiment existe toujours et accueille actuellement au rez-de-chaussée une boulangerie, et à l’étage des appartements.
Au cadran bleu, entre deux communes
Autour de cette place centrale, d’autres commerces voient le jour dont un café-hôtel-alimentation générale qui fonctionne toujours mais en bar-tabac-presse appelé Le Narval. " Dans les années 1930, la famille Audouys venant de la région angevine ouvre le café-restaurant Au vin d’Anjou. Cette échoppe devint une pension de famille avec restaurant-café-dancing puis a accueilli la colonie de vacances Les Alouettes-Le Concorde de Couéron. Actuellement, le bâtiment est redevenu un bar-restaurant, Le 20-Six."
Un magasin d’alimentation et une épicerie voient aussi le jour face à l’hôtel de l’Océan dans les années 1930, puis dans les années 1950 un café-restaurant-dancing La Taverne puis une charcuterie. Un autre lieu de festivités mérite d’être évoqué : Au cadran bleu. " Cet établissement était situé avenue Valentin. Il avait été construit par Pierre Barranger, dit Baraque, et inauguré en 1939. L’une de ses particularités était la salle de billard coupée en travers par la limite des deux communes. Avec sa femme Hortense Guittonneau, ils organisent un bal tous les samedis soir. " Le bâtiment sera détruit en 1975 pour laisser place à la résidence Dumont d’Urville.
Le déplacement de l'hippodrome
D’autres commerces furent également importants pour ce quartier et se trouvaient sur la partie hilairoise, notamment L’Atlantic Hôtel ayant marqué le paysage de la plage des Demoiselles par son importante stature. Inauguré en 1928, il était le pendant de l’hôtel de Plage, mais il fut réquisitionné par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale et sera vendu en 1947 pour devenir un centre de vacances jusqu’à sa destruction en 1972-1973.
L’hôtel de l’Océan sur la place des Demoiselles ne fait plus hôtel, mais accueille au rez-de-chaussée une boulangerie et des appartements à l’étage. | OUEST-FRANCE
Quand François Mitterrand courtisait la jeune Anne Pingeot
Patrick Avrillas et Bernard Pouvreau s'attardent également sur une histoire d'amour qui mettait en scène… François Mitterrand.« En 1965, Anne Pingeot travaille à la colonie de l'Arche », raconte Bernard Pouvreau. Parmi les nombreuses colonies que comportait le quartier des Demoiselles - jusqu'à quinze en 1964 - cette colonie des Filles de la charité du centre médico-social du VIIᵉ arrondissement de Paris accueillait alors 50 enfants encadrés par cinq moniteurs. Le bâtiment existe encore et se situe à l'angle de l'avenue des Pins et de l'avenue des Tulipiers. « Alors que ce futur président était en séjour à l'hôtel de la Plage, il venait sonner à la porte de la colonie pour retrouver Anne Pingeot. Il se présentait comme l'oncle François. » Il est alors âgé de 48 ans et elle, de seulement 22 ans. « Il lui adresse d'ailleurs huit lettres à la colonie entre le 19 juillet et le 3 août 1965. » Aujourd'hui, « les bâtiments ont été transformés en logements. Y demeure toujours au fond du parking l'ancienne chapelle avec son clocheton. »Anne Pingeot connaîtra ensuite une carrière d'historienne de l'art. De sa relation avec François Mitterrand, naîtra leur fille, Mazarine Pingeot.
Dans cette colonie de l'Arche située à l'angle des avenues des Pins et des Tulipiers, Anne Pingeot travaillait l'été 1965 et François Mitterrand y venait la chercher. | PHOTO : OUEST-FRANCE
« La plage des Demoiselles », 237 pages, Tarif : 35 €.
Ouest-France Publié le02/08/2026