Galerie de l'inauguration du monument et du chemin de mémoire

Les discours

René Doudard

Le dimanche 27 juin 1918, les pilotes des deux premiers avions arrivés au camp offrirent un spectacle aérien, au cours duquel l’avion du Lieutenant Gilbert Morrisson s’écrasa en mer, entraînant son hospitalisation à Nantes pendant un mois plus trois semaines de convalescence ici au camp.En février 1919, le dernier accident grave (consécutif à une hypoxie) nécessita l’évacuation sur une civière de l’aviateur vers les États-Unis.
La formation des aviateurs et des observateurs américains pendant la Grande Guerre était urgente mais elle était risquée, et la compétence a souvent été acquise au détriment de la sécurité. Mais qualifier la sécurité des avions de la Grande Guerre revient à décrire une ère de pionniers où le risque était une composante structurelle du vol. À l'époque, on parlait de survie technique.
Les accidents, plus que les combats, ont causé la majorité des décès dans le Service Aérien, 203 morts dans les écoles de formation AEF, dont 14 à Saint-Jean-de-Monts. Les accidents mortels sont causés par le crash et parfois l'incendie à la suite d’une vrille, d’un piqué, d’un décrochage, d’une glissade latérale, d’une collision avec un autre avion ou un ballon, ou à la suite des problèmes moteurs, de la perte de contrôle de l’avion, et au sol d’un heurt par l'hélice.En général, ces incidents résultent soit de problèmes mécaniques ou de sabotage, soit de facteurs humains tels que l’état physique et mental du pilote, le mauvais jugement, les conditions météorologiques, la fatigue, le stress, le froid et l'hypoxie en altitude et l'absence de maîtrise des urgences...Deux premiers accidents mortels ont été enregistrés en septembre, puis neuf décès ont été causés par six accidents en octobre dont deux le même jour, certains de ces accidents d’octobre probablement dus à des sabotages. Après enquête, le nombre d’accidents diminua. Un seul accident mortel survint en novembre la veille de l’Armistice et le dernier en décembre 1918.
Entre août 1918 et février de l’année suivante, la grippe espagnole a causé douze décès au camp de Saint-Jean de Monts. La propagation de la pandémie a été aggravée par la grande mobilité des militaires entre différents camps, États, Pays et continents. Ces déplacements s’effectuaient dans des conditions d’entassement dans les casernes, les trains et les navires, et favorisaient ainsi la propagation de la maladie. Faute de connaissances en virologie et d’antibiotiques à l’époque, seuls des moyens préventifs avaient été mis en œuvre. 
Deux autres décès étaient dus à des problèmes intestinaux.

Ces soldats étaient originaires de 16 États, ce qui représentait environ un tiers des États-Unis d’Amérique. Tous venaient de ces régions qui avaient une importance stratégique majeure et engagée dans la guerre.La majorité des soldats décédés étaient âgés de 18 à 33 ans, avec une moyenne d’environ 24 ans ; six d’entre eux avaient seulement 22 ans.
Parmi ces 28 soldats, il y avait 8 Premiers Lieutenants, 3 Seconds Lieutenants, 3 Sergents, 4 Soldats Première Classe, 9 Simples soldats et 1 Coxswain (ce marin est décédé à Barbâtre). Ils ont initialement été enterrés dans le carré militaire du cimetière de Saint-Jean-de-Monts.
Par la suite, 18 ont été transférés dans leur comté d’origine, tandis que, à la demande de leur famille, trois ont été inhumés à Arlington, et sept au cimetière américain de Suresnes.

Nous lirons leur nom inscrit sur la plaque commémorative Le 11 novembre 1921 à Arlington, lors de la cérémonie rendant hommage au Soldat inconnu, le Général John J. Pershing a affirmé : "Time will not dim the glory of their deeds."« Le temps n’effacera pas la gloire de leurs exploits. »

***John Willard Bailey (1LT) 4 décembre 1918 (26 ans)
Lauwrence Britton Bailor (PFC) 3 octobre 1918 (22 ans)
Paul Louis Bathke (PFC) 1 décembre 1918 (25 ans)
Merill Jeff Blanchard (1LT) 20 octobre 1918 (23 ans)
Warren Franklin Brigham (PVT) 3 décembre 1918 (22 ans)
Wilbur Frazier Brightwell (PVT) 26 octobre 1918 (22 ans)
Charles Albert Campbell (SGT) 10 novembre 1918 (33 ans)
Roy Clydewell Carter (1LT) 20 octobre 1918 (23 ans)
Walter Cramer Crum (PFC) 1 septembre 1918 ( _ _ ans)
Perry Tucker Dailey (PVT) 16 septembre 1918 (23 ans)
Roy Jason Fish (1LT) 3 octobre 1918 (22 ans)
Renselear RusselL Hall (1LT) 16 septembre 1918 (22 ans)
William J. Hayden (PFC) 6 septembre 1918 (23 ans)
Leonard K. Jarstfer (PVT) 9 août 1918 (21 ans)
George Daryl Jewett (2LT) 9 novembre 1918 (23 ans)
James Patrick Moynehan (SGT) 8 septembre 1918 (24 ans)
Clarence Bowlan Peeples (1LT) 29 octobre 1918 (26 ans)
Bartlett Burt Pennington (PVT) 6 janvier 1919 (25 ans)
Sturgis « Spuddie » Pishon (1LT) 26 octobre 1918 (30 ans)
Guy Wallace Rosecrans (SGT) 16 octobre 1918 (23 ans)
Waldo E. Shillington (1LT) 5 décembre 1918 (25 ans)
George E. Stack (PVT) 17 septembre 1918 (30 ans)
Ona William Stephens (PVT) 5 février 1919 (25 ans)
Wesley R. Swofford (PVT) 11 août 1918 (18 ans)
Albert Henry Vickers (2LT) 29 octobre 1918 (45 ans)
Luke Rogers Vickers (2LT) 6 septembre 1918 (23 ans)
John Williams (PVT) 14 septembre 1918 (_ _ ans)
Harold Hubert College (Coxswain) 24 décembre 1918 (22 ans)

Saint-Hilaire de Riez, Rond-point des Bégonias le 1er mai 2026 à 18h,  Inauguration du monument commémoratif pour des soldats américains


english version




On Sunday 27 June 1918, the pilots of the first two aircraft to arrive at the camp put on an air show, during which Lieutenant Gilbert Morrisson’s aircraft crashed into the sea, resulting in his hospitalisation in Nantes for a month, followed by three weeks of convalescence here at the camp. In February 1919, the last serious accident (resulting from hypoxia) required the airman to be evacuated on a stretcher to the United States.
The training of American airmen and observers during the Great War was urgent but risky, and proficiency was often acquired at the expense of safety. But to describe the safety of First World War aircraft is to describe a pioneering era in which risk was a structural component of flight. At the time, the term ‘technical survival’ was used.
Accidents, rather than combat, caused the majority of deaths in the Air Service, with 203 fatalities at AEF training schools, including 14 at Saint-Jean-de-Monts. Fatal accidents were caused by crashes and sometimes fires following a spin, a nosedive, a stall, a sideslip, a collision with another aircraft or a balloon, or as a result of engine problems, loss of control of the aircraft, and propeller strikes on the ground. Generally, these incidents result either from mechanical problems or sabotage, or from human factors such as the pilot’s physical and mental condition, poor judgement, weather conditions, fatigue, stress, cold and altitude hypoxia, and a lack of emergency response skills... The first two fatal accidents were recorded in September, followed by nine deaths caused by six accidents in October, two of which occurred on the same day; some of these October accidents were probably due to sabotage. Following an investigation, the number of accidents decreased. A single fatal accident occurred in November on the eve of the Armistice, and the last in December 1918.
Between August 1918 and February of the following year, the Spanish flu caused twelve deaths at the Saint-Jean de Monts camp. The spread of the pandemic was exacerbated by the high mobility of soldiers between different camps, states, countries and continents. These movements took place in overcrowded conditions in barracks, trains and ships, thereby facilitating the spread of the disease. Due to a lack of knowledge of virology and antibiotics at the time, only preventive measures had been implemented. 
Two further deaths were due to intestinal problems.

These soldiers hailed from 16 states, representing roughly one-third of the United States of America. All came from regions of major strategic importance that were involved in the war. The majority of the soldiers who died were aged between 18 and 33, with an average age of around 24; six of them were only 22 years old.
Among these 28 soldiers were 8 First Lieutenants, 3 Second Lieutenants, 3 Sergeants, 4 Privates First Class, 9 Privates and 1 Coxswain (this sailor died in Barbâtre). They were initially buried in the military section of the Saint-Jean-de-Monts cemetery.
Subsequently, 18 were transferred to their home counties, whilst, at the request of their families, three were buried at Arlington, and seven at the American cemetery in Suresnes.

We shall read their names inscribed on the commemorative plaque. On 11 November 1921 at Arlington, during the ceremony honouring the Unknown Soldier, General John J. Pershing declared: "Time will not dim the glory of their deeds." "

***John Willard Bailey (1LT) 4 December 1918 (aged 26)
Lawrence Britton Bailor (PFC) 3 October 1918 (aged 22)
Paul Louis Bathke (PFC) 1 December 1918 (aged 25)
Merill Jeff Blanchard (1LT) 20 October 1918 (aged 23)
Warren Franklin Brigham (PVT) 3 December 1918 (aged 22)
Wilbur Frazier Brightwell (PVT) 26 October 1918 (aged 22)
Charles Albert Campbell (SGT) 10 November 1918 (aged 33)
Roy Clydewell Carter (1LT) 20 October 1918 (aged 23)
Walter Cramer Crum (PFC) 1 September 1918 ( _ _ years old)
Perry Tucker Dailey (Pvt) 16 September 1918 (aged 23)
Roy Jason Fish (1st Lt) 3 October 1918 (aged 22)
Renselear Russel L. Hall (1st Lt) 16 September 1918 (aged 22)
William J. Hayden (PFC) 6 September 1918 (aged 23)
Leonard K. Jarstfer (Pvt) 9 August 1918 (aged 21)
George Daryl Jewett (2nd Lt) 9 November 1918 (aged 23)
James Patrick Moynehan (Sgt) 8 September 1918 (aged 24)
Clarence Bowlan Peeples (1LT) 29 October 1918 (aged 26)
Bartlett Burt Pennington (PVT) 6 January 1919 (aged 25)
Sturgis ‘Spuddie’ Pishon (1LT) 26 October 1918 (aged 30)
Guy Wallace Rosecrans (SGT) 16 October 1918 (aged 23)
Waldo E. Shillington (1LT) 5 December 1918 (aged 25)
George E. Stack (PVT) 17 September 1918 (aged 30)
Ona William Stephens (PVT) 5 February 1919 (aged 25)
Wesley R. Swofford (Pvt) 11 August 1918 (aged 18)
Albert Henry Vickers (2nd Lt) 29 October 1918 (aged 45)
Luke Rogers Vickers (2nd Lt) 6 September 1918 (aged 23)
John Williams (Pvt) 14 September 1918 (_ _ years old)
Harold Hubert College (Coxswain) 24 December 1918 (aged 22)

Saint-Hilaire de Riez, Rond-point des Bégonias on 1 May 2026 at 6 pm,  Unveiling of the memorial to American soldiers






J’ai choisi de représenter des hélices d’avion, symboles à la fois de mouvement, de progrès et d’espoir. Autour d’elles, sept biplans en vol semblent suspendus dans le temps. Ils évoquent ces jeunes hommes qui ont pris leur envol, portés par le devoir, le courage, et parfois l’inconscience d’une époque qui avançait plus vite que sa propre compréhension du danger.
Le choix de l’inox n’est pas anodin. Ce matériau capte la lumière, reflète le ciel, et change selon les heures et les saisons. Il inscrit l’œuvre dans le présent, tout en la reliant en permanence à l’infini du ciel — celui que ces aviateurs ont traversé, et où certains ont trouvé la mort. C’est une matière qui résiste au temps, comme la mémoire que nous souhaitons préserver.
 Stéphane Dugied 

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