« Ce patrimoine n’était pas mis en valeur avant » : un camp d’aviation américain reconstitué à Saint-Hilaire-de-Riez
Les 2 et 3 mai 2026, l’association Les soldats de plomb reconstituait un camp d’aviation américain à Saint-Hilaire-de-Riez (Vendée). Avec l’inauguration, vendredi 1er mai, d’un monument en mémoire des soldats américains tombés au combat, l’histoire de la Première Guerre mondiale en Vendée est revalorisée.
Un soldat en uniforme beige monte dans une structure en bois instable, munie d’une copie d’un fusil en métal. C’est un simulateur de vol. Le but, c’est d’apprendre à tirer tout en étant en mouvement, explique Paul Beignon, un bénévole. Onze passionnés sont venus reconstituer un camp d’aviation militaire américain à Saint-Hilaire-de-Riez (Vendée) les 2 et 3 mai 2026. L’association Les soldats de plomb donne un aperçu du camp d’entraînement monté par les Américains entre mai et octobre 1918. Il se situait dans l’actuel lotissement des Demoiselles, à cheval entre Saint-Hilaire-de-Riez et Saint-Jean-de-Monts, qui fête son centenaire.
1 800 soldats en même temps
Le camp du Champ Gaillard s’étalait sur deux kilomètres le long de la côte, avant d’être démantelé en mars 1919. Pourtant, son existence reste peu connue du grand public. Je l’ai découvert il y a deux ans, se rappelle Alain, un grand connaisseur de l’histoire militaire américaine et qui a aidé l’association à monter cette reconstitution. Ce patrimoine n’était pas mis en valeur avant. On connaissait les guerres de religion, les guerres de Vendée, mais l’histoire captivante de la Première Guerre mondiale en Vendée nous avait échappé.Lire aussi : Saint-Hilaire-de-Riez. En 1918, Champ-Gaillard était un camp aérienLe camp d’entraînement faisait pourtant partie des trois plus gros installés en France, assure Rémi Bureau, trésorier des Soldats de plomb. Il a pu accueillir jusqu’à 18 000 soldats en même temps, explique René Doudard, bénévole de l’association Histoire, culture et patrimoine, organisatrice de l’événement. En octobre, un des bénévoles a rapporté 200 photos du camp, conservées aux États-Unis. Ça nous a amenés à retravailler le sujet. Un livre intégrant ces photos est édité en mai. Pour réhabiliter cette histoire, un monument a également été inauguré, vendredi 1er mai 2026, en mémoire aux 28 soldats américains morts sur le territoire.
« Les pilotes sont formés chez nous »Entre les reproductions d’avions, les bénévoles ont monté un centre d’instruction. Sur le tableau noir, des trajectoires d’avions sont dessinées à la craie blanche. À l’entrée de la Première Guerre mondiale, les États-Unis n’avaient pas d’armée constituée, retrace Rémi Bureau, de l’association Les soldats de plomb. À partir de 1917, les pilotes sont formés chez nous, avec des instructeurs des armées françaises et britanniques. Pour cela, les soldats construisent une piste d’atterrissage en sable et installent des cibles sur le toit des hangars et sur une butte dans la forêt. C’est intéressant de voir que les pilotes américains ne sont pas arrivés en France totalement entraînés et qu’ils ont dû apprendre sur le territoire français, observe un passionné d’aéronautique venu visiter le camp, Nicolas Duvivier.
À côté du camp d’instruction, une bénévole explique le rôle des Hello girls ». « En 1918, 223 Américaines bilingues sont envoyées en Europe pour gérer les communications, retrace Oriane Battonier, qui a revêtu leur uniforme bleu marine. Quand les hommes mettaient soixante secondes pour établir une communication, elles n’en mettaient que dix. Ces femmes ont dû se battre pour se faire reconnaître comme vétéranes de l’armée américaine. Elles font elles aussi parties des oubliés à qui les bénévoles souhaitent rendre hommage.
Dimanche 3 mai 2026, de 10 h à 17 h, reconstitution historique et exposition à côté de la mairie annexe des Demoiselles, à Saint-Hilaire-de-Riez.