De Louis XIII à un lotissement de 75 hectares, ils racontent 400 ans d’histoires à la plage des Demoiselles en Vendée

À l’occasion du centenaire du lotissement des Demoiselles, à cheval sur les communes de Saint-Hilaire-de-Riez et Saint-Jean-de-Monts (Vendée), deux passionnés retracent dans un ouvrage l’histoire de ce lieu qui fut le théâtre d’une grande bataille médiévale, d’un camp d’aviation américain et du tourisme balnéaire.

Bernard Pouvreau et Patrick Avrillas, co-auteurs du livre sur La Plage des Demoiselles. | OUEST-FRANCE


Le 17 avril 1926, le préfet de Vendée signait l’arrêté qui autorisait la construction du lotissement des Demoiselles : un énorme projet urbain sur 75 hectares longeant 1 km en front de mer, à cheval sur les communes de Saint-Jean-de-Monts et Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée. Mais avant cette évolution contemporaine, la plage des Demoiselles a connu bien des événements dont certains avec une forte portée historique.

Un invité de marque
La plage des Demoiselles a d’abord accueilli Louis XIII en 1622. C’est en effet à cet endroit que débouchait le fleuve la Besse que le roi de France a traversé avec son armée dans le but de combattre les protestants réfugiés sur l’île de Rié. Une bataille gagnée qui a participé à sa renommée. Il y avait au Moyen-Âge un port aux Demoiselles par lequel transitaient les bateaux transportant du sel et du blé, ajoute Patrick Avrillas, président d’Histoire, culture et patrimoine du Pays de Rié et co-auteur du livre « La plage des Demoiselles ».

Les Sammies en entraînement
300 ans plus tard, en 1918, l’armée américaine installe un camp d’aviation sur la ferme du Champ Gaillard, là aussi à cheval sur Saint-Hilaire et Saint-Jean. L’armée cherchait un endroit près de la mer pour s’entraîner au tir aérien et un terrain suffisamment plat. Le camp sera démantelé en mars 1919. Quelques années plus tard, en pleine Seconde guerre mondiale, un avion américain y atterrit de nouveau mais sans son pilote qui s’était éjecté avant.

Le plus grand lotissement de Vendée
Entre-deux guerres, la plage des Demoiselles suscite l’intérêt d’hommes d’affaires alors que le tourisme balnéaire se développe depuis la fin du XIXe siècle dans le secteur. Deux sœurs sans enfant, les demoiselles Chailloux, légueront les dunes qu’elles possèdent à leur cousin Valentin Guérin. Ce dernier vendra 75 hectares en 1925 à un lotisseur angevin, Théodore Maturin Charpentier qui vendra 859 parcelles, raconte Bernard Pouvreau, co-auteur du livre et membre d’Arexpo (association de recherche et d’expression pour la culture populaire en Vendée). À l’époque, c’était un événement car c’était le plus grand lotissement de Vendée.

À cheval sur deux communes
C’est aussi probablement le seul lotissement du département à cheval sur deux communes ! La frontière entre Saint-Hilaire et Saint-Jean ne suit pas une route mais l’ancien lit de la Besse. Il y a des maisons qui sont traversées par la frontière ! Cela a créé des problèmes pour les impôts, les élections, il a fallu régulariser tout ça.Le lotisseur a aussi manqué à ses engagements en ne créant pas de routes dans son quartier. Ce sont finalement les syndicats de propriétaires eux-mêmes qui les paieront avec l’aide du Département et de prêts, notamment communaux…Outre de nombreuses anecdotes, l’ouvrage recense plus de 200 illustrations réunissant des documents cartographiques et iconographiques exceptionnels ainsi qu’une riche collection de cartes postales et de photographies. Pour commander le livre « La plage des Demoisellesé, aux éditions La Geste (35 €) qui sera prêt entre le 5 et 10 mai, vous pouvez joindre les auteurs par mail à b.pouvreau@wanadoo.fr et patrick.avrillas@wanadoo.fr

Des animations pour le centenaire des Demoiselles
Pour commémorer l’histoire de la plage des Demoiselles, les deux auteurs ont monté une exposition, reprenant des éléments de leur ouvrage qui se tiendra du 2 au 20 mai dans la mairie annexe des Demoiselles, à Saint-Hilaire-de-Riez.Vendredi 1er mai, à 18 h, l’association HCP de Rié inaugurera aussi un monument aux morts en mémoire des vingt-huit aviateurs américains décédés sur le camp, avec un chemin de la mémoire qui retrace l’histoire du camp.Samedi 2 et dimanche 3 mai de 10 h à 17 h, l’association Les Soldats de plomb reconstituera un camp militaire de la Première guerre mondiale, c’est à voir car les reconstitutions de la Première guerre sont moins courantes que celles de la Seconde guerre mondiale, pointe Patrick Avrillas.

Ouest-France Publié le 05/04/2026

English version

From Louis XIII to a 75-hectare housing development, they recount 400 years of history at Les Demoiselles beach in the Vendée


On 17 April 1926, the Prefect of Vendée signed the decree authorising the construction of the Demoiselles housing estate: a massive urban development project covering 75 hectares along a 1-kilometre stretch of seafront, straddling the municipalities of Saint-Jean-de-Monts and Saint-Hilaire-de-Riez in the Vendée. But prior to this modern development, Les Demoiselles beach had witnessed many events, some of which were of great historical significance.

A distinguished guest
Les Demoiselles beach first welcomed Louis XIII in 1622. It was here that the River Besse flowed into the sea, which the King of France crossed with his army to fight the Protestant refugees on the island of Rié. A victory that contributed to his fame. In the Middle Ages, there was a port at Les Demoiselles through which ships carrying salt and wheat passed, adds Patrick Avrillas, president of Histoire, culture et patrimoine du Pays de Rié and co-author of the book “La plage des Demoiselles”.

The Sammies in training
300 years later, in 1918, the US Army set up an airfield on the Champ Gaillard farm, also straddling Saint-Hilaire and Saint-Jean. The army was looking for a location near the sea to practise aerial firing and for sufficiently flat terrain. The camp was dismantled in March 1919. A few years later, in the midst of the Second World War, an American aircraft landed there again, but without its pilot, who had ejected beforehand.

The largest housing estate in the Vendée
Between the wars, Les Demoiselles beach attracted the interest of businessmen, whilst seaside tourism had been developing in the area since the end of the 19thcentury. Two childless sisters, the demoiselles Chailloux, bequeathed the dunes they owned to their cousin Valentin Guérin. He sold 75 hectares in 1925 to a property developer from Angers, Théodore Maturin Charpentier, who sold 859 plots, explains Bernard Pouvreau, co-author of the book and member of Arexpo (Association for Research and Expression of Popular Culture in the Vendée). At the time, this was a major event as it was the largest housing development in the Vendée.

Straddling two municipalities
It is also probably the only housing development in the department that straddles two municipalities! The boundary between Saint-Hilaire and Saint-Jean does not follow a road but the old bed of the Besse. There are houses that are split by the boundary! This created problems for tax purposes and elections; it all had to be sorted out.The developer also failed to meet his commitments by not building roads in the neighbourhood. In the end, it was the homeowners’ associations themselves who paid for them, with help from the Department and loans, particularly from the local council… As well as numerous anecdotes, the book features over 200 illustrations, bringing together exceptional cartographic and iconographic documents, as well as a rich collection of postcards and photographs. To order the book “La plage des Demoiselles”, published by La Geste (€35), which will be available between 5 and 10 May, you can contact the authors by email at b.pouvreau@wanadoo.fr and patrick. avrillas@wanadoo.fr

Events to mark the centenary of Les Demoiselles
To commemorate the history of Les Demoiselles beach, the two authors have put together an exhibition featuring elements from their book, which will run from 2 to 20 May at the Les Demoiselles town hall annexe in Saint-Hilaire-de-Riez. On Friday 1st May, at 6 pm, the HCP association of Rié will also unveil a war memorial in memory of the twenty-eight American airmen who died at the camp, alongside a ‘path of remembrance’ tracing the camp’s history. On Saturday 2nd and Sunday 3rd May from 10 am to 5 pm, the Les Soldats de plomb association will recreate a First World War military camp, which is well worth seeing as First World War re-enactments are less common than those of the Second World War, points out Patrick Avrillas.

Retour en haut