Clichés et récits inédits : un livre offre un regard neuf sur la présence américaine en Vendée en 1918
Riche de 330 images, l'ouvrage « Le camp américain 1918 » dévoile de nombreuses photographies inédites issues des archives militaires et de la presse américaine. Il retrace la vie des soldats dans le camp et leurs relations avec la population locale, à la fin de la Première Guerre mondiale.
Guillaume Robelet — Publié le 19/04/2026
Les avions stationnés dans le camp de Saint-Hilaire / Saint-Jean-de-Monts, en 1918. | NARA
Tout est parti d’une brochure réalisée en 2017, sur le centenaire de l’arrivée des Américains en Vendée. Elle contenait notamment le témoignage de Joseph Thibaud, curé doyen de la paroisse de Saint-Jean-de-Monts à l’époque, avec une trentaine de photographies, explique Patrick Avrillas, président de l’association Histoire, culture et patrimoine des pays de Rié et de Vie. Comme les sources manquaient, une équipe de l’association s’est penchée très sérieusement sur le sujet, ce qui donne aujourd’hui ce bel ouvrage. Les sources américaines ont été particulièrement utilisées. Il s’agit essentiellement des fonds de la Nara, National archives and records administration.
Le colonel Leslie MacDill et son état-major, à l’intérieur du camp. | NARA
Des centaines de clichés inédits
À une époque où la guerre aérienne est à ses débuts, les Américains construisent à la hâte un camp aérien long de 2 kilomètres, en 1918, dont les trois quarts sont situés à Saint-Hilaire-de-Riez et le reste à Saint-Jean-de-Monts. Sur tout le littoral, c’était le meilleur terrain. Le camp rassembla jusqu’à 2 500 sammies (surnom amical donné aux soldats américains lors de la Première Guerre mondiale) et près de 200 biplans. Le camp servait d’école de tir, mais aussi d’armurerie et le chef se nommait Leslie MacDill, un colonel réputé qui a donné son nom à une base aérienne en Floride.
Des avions Liberty prêts à décoller, au pied des dunes de Saint-Hilaire-de-Riez. | NARA
La force de ce livre réside notamment dans sa riche iconographie, avec 330 images dont la plupart sont inédites. Cela, grâce au travail de Tony Erceau, chercheur indépendant et membre de l’association. Il n’a d’ailleurs pas hésité à se rendre à Washington, où il a exhumé une collection de plusieurs centaines de photographies conservées à la bibliothèque du Congrès, où se trouve la Nara. Je me suis aussi rendu à la bibliothèque Morris de Carbondale, dans l’Illinois, qui détient un album de 154 clichés du camp, explique Tony Erceau.
Maraîchins et Américains : deux univers se côtoient
À cela s’ajoute le travail de recherche de René Doudard, qui s’est plongé dans le journal interne du camp, The Fly Paper, et dans la presse américaine de l’époque. C’est une chance d’avoir ce journal, il paraissait chaque semaine et était imprimé à Nantes, précise René Doudard. À cela s’ajoutent les lettres que les soldats envoyaient à leurs familles et qui étaient publiées dans la presse américaine.
L’intérieur du club des officiers, avec piano et billard. | NARA
Cela met en lumière la vie au camp, mais aussi les relations avec la population locale. Deux mondes se rencontraient. Les Américains avaient du thé, du chocolat ou des cigarettes. Ils avaient aussi de belles chaussures, alors que la population maraîchine marchait en sabots. Le livre relate aussi l’histoire de certaines maraîchines qui eu des liaisons amoureuses avec des sammies et qui sont allées s’installer aux Etats-Unis.
Un Montois dessiné dans le journal du camp The Fly Paper. Avec la présence américaine, deux civilisations se côtoyaient. | DR
Le camp est démantelé en mars 1919, quelques mois après l’armistice du 11 novembre 1918.
Tony Erceau et René Doudard ont largement contribué à la réalisation de l’ouvrage, qui sortira le 1er mai prochain. | OUEST-FRANCE
Le week-end du 1er mai, une reconstitution du camp américain par une association spécialisée sera organisée, autour de la mairie annexe, dans le quartier des Demoiselles, à Saint-Hilaire. Un chemin de mémoire va être installé à partir du 1er mai, en hommage aux 28 soldats qui ont péri sur le camp. Les décès ont été causés par des accidents, mais aussi par la grippe espagnole.
le livre sur le camp américain parait en mai, si vous le souhaitez vous pouvez le réserver.
« Le camp américain 1918, Saint-Hilaire-de-Riez, Saint-Jean-de-Monts », 224 pages, sortie le 1er mai au prix de 35 €. Éditions La Geste.