Une soirée pour (re)découvrir le patois maraîchin

M. et Mme Le Floch, coprésidents des Amis de la bourrine du Bois Juquaud, Gérard Chusseau, président d’HCP de Rié, Michel Couton, Hervé Cantin, conteur, Maurice Artus, musicien, Jean-Claude Pelloquin, Jacques Baud. |
 
L’association Histoire, culture et patrimoine du Pays de Rié organise mardi 31 mai une conférence-spectacle sur le patois maraîchin Nous avions envie de prolonger les spectacles autour du patois et des langues régionales présentés à la salle de la Balise en février, avec le conteur Yannick Jaulin, explique Jacques Baud, président d’honneur de l’association. Au programme : des interventions sur le patois et la culture maraîchine, introduit par des contes du comédien Hervé Cantin et des chants, du musicien Maurice Artus, en maraîchin.
 

Les cartes postales anciennes sont un patrimoine du passé maraichin. | N°6 COLLECTION ARTAUD PÈRE ET FILS
D’où est originaire le patois maraîchin ?
Le patois maraîchin était parlé dans les marais du nord-ouest Vendée : de Bouin à Saint-Hilaire-de-Riez en passant par Challans et Saint-Jean-de-Monts. Il a son ouvrage de référence linguistique présent dans les bibliothèques à travers le monde : Les Parlers du marais vendéen du suédois Lars-Owe Svenson. Étudiant de l’université de Göteborg spécialisés dans les langues romanes, il est venu réaliser un diplôme de parler maraîchin à Lyon et des travaux pratiques à Beauvoir-sur-Mer dans les années 1950.

La danse maraîchine. | COLLECTION BUISSON, ÉCRITE 1916.
Le maraîchin est-il encore parlé ?
Associé à une culture maraîchine, une vie agricole, en bourrine, dans les marais, son utilisation a diminué au profit du français lorsque l’école obligatoire a imposé la langue nationale aux enfants. Dans les années 1930-1940, une rédaction en patois n’était pas acceptée par l’instituteur, ajoute Jacques Baud. Quand j’étais moi-même instituteur, ce n’était plus interdit de parler patois. J’ai réalisé une enquête sur le parler maraîchin dans les écoles dans les années 1980 dans le cadre d’une directive de l’Unesco pour valoriser les langues régionales. Partout la compréhension du patois était en dessous de la moyenne. Le pire c’était à Challans, le mieux dans les campagnes.
 
 

Les cartes postales anciennes sont un patrimoine du passé maraîchin. | N° 12 COLLECTION HUBIN
Il reste encore quelques personnes qui parlent maraîchin. C’est ma langue maternelle, assure Michel Couton, originaire du Perrier. Aujourd’hui je parle patois avec ma femme, aussi maraîchine que moi. Nos enfants le comprennent mais ne le parlent pas. Des amis de mon âge qui parlaient pourtant le patois ont perdu la plupart des mots car ils n’ont plus l’occasion de le parler. Ils habitent toujours à la campagne mais les activités agricoles, d’élevage ont disparu, ils n’ont plus de raison d’employer le vocabulaire maraîchin.
 
 
Comment le conserver ?
L’art et la culture permettent de garder vivant le maraîchin. Il y a encore des gens qui ont envie d’entendre le patois, constate Hervé Cantin, conteur en patois maraîchin. On raconte dans nos spectacles des histoires de tous les jours mais en patois et le public répond présent. Mais ça ne peut pas se résumer aux spectacles, les gens ne se l’approprient pas, regrette Maurice Artus, musicien chanteur qui transmet les danses et chants traditionnels maraîchins. Le mieux serait de l’intégrer dans des projets d’école, conclut Jacques Baud.
 
 
Quelques enfants de l’école des Salines, de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, qui avaient écrit et récité des menteries en patois à la Balise en février, seront d’ailleurs présents lors de la soirée.
Mardi 31 mai, de 18 h à 20 h, soirée conférence-spectacle Nous, les maraîchins, salle de la Baritaudière, à Saint-Hilaire-de-Riez.
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