" Dans chou pays, y parlons maréchane entre nous.""
Nous avions envie de prolonger les spectacles autour du patois et des langues régionales présentés à la salle de la Balise en février, avec le conteur Yannick Jaulin, explique Jacques Baud, président d’honneur de l’association. Au programme : des interventions sur le patois et la culture maraîchine, introduit par des contes du comédien Hervé Cantin et des chants, du musicien Maurice Artus, en maraîchin.
Dans les années 1930-1940, une rédaction en patois n’était pas acceptée par l’instituteur, ajoute Jacques Baud.
Quand j’étais moi-même instituteur, ce n’était plus interdit de parler patois. J’ai réalisé une enquête sur le parler maraîchin dans les écoles dans les années 1980 dans le cadre d’une directive de l’Unesco pour valoriser les langues régionales. Partout la compréhension du patois était en dessous de la moyenne. Le pire c’était à Challans, le mieux dans les campagnes.
C’est ma langue maternelle, assure Michel Couton, originaire du Perrier. Aujourd’hui je parle patois avec ma femme, aussi maraîchine que moi. Nos enfants le comprennent mais ne le parlent pas. Des amis de mon âge qui parlaient pourtant le patois ont perdu la plupart des mots car ils n’ont plus l’occasion de le parler. Ils habitent toujours à la campagne mais les activités agricoles, d’élevage ont disparu, ils n’ont plus de raison d’employer le vocabulaire maraîchin.
Il y a encore des gens qui ont envie d’entendre le patois, constate Hervé Cantin, conteur en patois maraîchin. On raconte dans nos spectacles des histoires de tous les jours mais en patois et le public répond présent.
Mais ça ne peut pas se résumer aux spectacles, les gens ne se l’approprient pas, regrette Maurice Artus, musicien chanteur qui transmet les danses et chants traditionnels maraîchins.
Le mieux serait de l’intégrer dans des projets d’école, conclut Jacques Baud.