L'histoire d'un camp américain éphémère en 1918

 

Un ouvrage synthétique

 
L’été dernier, l’association Histoire culture et patrimoine du pays de Rié avait présenté une exposition sur le camp d’aviation américain du Champ-Gaillard. Afin de laisser une trace de ces recherches, les passionnés d’histoire viennent de sortir un petit ouvrage synthétique de 62 pages sur la question.
 
Une dizaine d’auteurs ont participé à la réalisation de ce document richement illustré. Une occasion de se souvenir d’un épisode méconnu de la vie locale datant d’il y a cent ans.
 
Les participants des recherches sur l’histoire du camp américain devant le site du Champ-Gaillard.
 

Un camp d’envergure

 

 

Les chercheurs sont catégoriques sur l’ampleur de la base aérienne.
« Le camp était fréquenté par 1 500 hommes. 170 avions étaient recensés et un hôpital, d’une capacité de 50 places, a été édifié. La base s’étendait sur 250 hectares, à l’échelle des fermes du Champ-Gaillard et de la Caillauderie, soit en limite des deux communes de Saint-Jean-de-Monts et Saint-Hilaire-de-Riez », brosse Jacques Baud, de l’association Histoire culture et patrimoine du pays de Rié.L’entrée en guerre des États-Unis
Dans le livre, les auteurs reviennent sur le contexte de l’entrée en guerre des États-Unis dans la Grande Guerre, en avril 1917.
Un événement qui va constituer un tournant à une période où les forces des puissances de l’Entente sont épuisées. Elles redoutent le report de l’armée de l’Est, désormais disponible après l’armistice avec la Russie.
 

 

Puissance logistique

 

 
La rapidité d’installation des Américains sur le territoire vendéen illustre la puissance logistique de l’armée américaine. Elle va transformer les terres du Champ-Gaillard en piste d’aviation en quelques mois.
Une noria de camions va notamment amener vingt rouleaux à vapeur en pièces détachées. Des engins de 10 tonnes capables de niveler le terrain. Des baraquements vont être construits en quelques semaines. Le tout pour un camp éphémère de quelques mois, entre avril 1918 et début 1919.
Archives militaires
Les recherches de l’association ont été fructueuses, mais ce sont plus les archives militaires qui ont parlé. « Nous n’avons eu que peu de témoignages de l’époque, car il s’agissait d’un camp militaire. Même les écrits de l’abbé Thibaud restent discrets sur le sujet. Des contacts avec les Américains se sont noués lors d’événements, comme le 14 Juillet. » Mais a priori, les Américains vivaient sur place en nouant peu de contacts avec la population.
 

École d’artillerie aérienne

 

Le camp du Champ-Gaillard a servi à l’instruction des pilotes. Il s’agit de leur inculquer la technique de la chasse-poursuite, l’observation, le tir aérien en direction d’autres avions ou vers le sol. « Tous les pilotes américains de la Première Guerre mondiale sont passés sur place dans cette école d’artillerie aérienne », rappelle Jacques Baud.
Photos aériennes
L’essentiel du travail mené par l’association a été d’accéder aux archives militaires américaines afin de reconstituer l’histoire du camp d’aviation.
« Nous avons même retrouvé des photos aériennes réalisées par un photographe militaire qui a pris des clichés des 70 camps militaires américains en France », explique Patrick Avrillas.

 

Le camp d’aviation américain en pays de Riez et de Monts, au prix de 15 €, est soutenu par la ville de Saint- Hilaire-de-Riez.
Il est en vente dans les librairies de Saint-Jean-de-Monts, Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Challans.
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