Un livre raconte la Seconde Guerre mondiale vécue au Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Cyriaque Feuillet a dirigé un ouvrage sur la Seconde guerre mondiale dans le Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie avec l’association Histoire, culture et patrimoine. |
Dans le livre La Seconde Guerre mondiale au Pays de Saint-Gilles, Cyriaque Feuillet et six autres auteurs de l’association Histoire, culture et patrimoine du pays de Rié, racontent la vie des habitants dans cette période sombre de l’Histoire. Entretien.
Cyriaque Feuillet, accompagné de six auteurs de l’association Histoire, culture et patrimoine du pays de Rié, ont réalisé un travail inédit en racontant avec de nombreux témoignages la Seconde Guerre mondiale au Pays de Saint-Gilles.
Comment est né ce livre ?
Je suis vidéaste amateur dans la section vidéo de l’Amicale laïque de Saint-Gilles et il y a deux ans, j’ai projeté au Cinémarine un film que j’avais réalisé sur la Seconde Guerre mondiale au Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. J’avais recueilli de nombreux témoignages dans ce cadre et Patrick Avrillas, le co-président de l’association Histoire, culture et patrimoine du pays de Rié m’a suggéré d’éditer un fascicule qui reprenait mes recherches. De fil en aiguille est né ce livre, un travail collectif avec six autres auteurs : Patrick Avrillas, Jacques Baud, Gérard Chusseau, Jean-Paul Gautier, Gaston et France Herbreteau et Bernard de Maisonneuve.
Que peut-on y trouver ?
Nous n’avons pas la prétention d’être exhaustif mais il fait plus de 200 pages, nous abordons donc de nombreux sujets de 1939 à 1945 à Saint-Gilles et ses alentours : le contexte géopolitique de l’époque ; la construction de Mur de l’Atlantique ; les réfugiés ardennais venus en nombre ; les artistes pendant la guerre et bien sûr les nombreux témoignages des habitants recontextualisés dans les faits historiques du début de l’Occupation à la Libération.
Vous avez repris les témoignages de votre film ?
Oui mais dans le livre, j’ai pu enrichir davantage avec des aspects que j’avais peu développés et avec d’autres témoins. En tout, le livre recense la parole d’une soixantaine de témoins directs, en plus des témoignages déjà connus comme les textes d’Edmond Bocquier. Beaucoup des témoins ont eu la gentillesse d’ouvrir leurs archives et nous avons plus de 360 illustrations dans le livre. C’était une recherche passionnante.
C’est un travail inédit ?
Ce type de travail n’avait pas été fait à ma connaissance. Car la Vendée a une image de « coin tranquille » pendant la 2nde Guerre mondiale. Il n’y a pas eu de bombardements ou de faits de guerre majeurs. La Vendée n’en a pas moins souffert : 50 000 soldats allemands étaient présents dans le Département, c’est énorme. La garnison de Saint-Gilles représentait 10 % de la population. Ils avaient réquisitionné tout ce qu’ils pouvaient. Les habitants pouvaient subvenir à leurs besoins alimentaires par la pêche et la culture de leur potager mais ils devaient aussi fournir en nourriture les Allemands et les grandes villes. De plus, si les soldats étaient plutôt aimables au début de l’Occupation, les relations avec les habitants se sont tendues au fur et à mesure de l’avancement de la guerre. Il y a eu des petits actes de résistance, des gens qui ont préféré se taire…
Certains pans de l’histoire ont-ils été plus difficiles à traiter ?
La question du travail obligatoire en Allemagne car les travailleurs du STO qui avaient quitté la France avaient une mauvaise image et en ont souffert. Et bien sûr, la période de l’épuration. Tout cela ravive des plaies. Mais c’est l’histoire, il faut en parler sans être dans le jugement. Nous avons essayé de rendre compte de la complexité de cette période en apportant des vérités historiques.
Source : Ouest -France Claire Giovanineti 13 septembre 2021.